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Dommage pendant un convoyage : qui paie, qui assure ?

La question arrive toujours au mauvais moment, une fois le véhicule rayé. Elle se règle pourtant avant le départ, en lisant ce que couvre réellement le prestataire.

Publié le par l’équipe M-Delivery.

Dommage pendant un convoyage : qui paie, qui assure ? : couverture du guide M-Delivery

Confier un véhicule à un convoyeur, c’est confier la garde d’un bien qui ne vous quitte jamais juridiquement. Le prestataire doit vous le rendre dans l’état où il l’a pris. C’est de ce principe que découlent toutes les réponses qui suivent.

Le principe : une obligation de restitution en l’état

Pendant la mission, le convoyeur est dépositaire du véhicule. Il en a la garde matérielle et il répond des dommages survenus pendant qu’il en avait la charge. Ce n’est pas à vous de prouver sa faute : c’est à lui d’expliquer un véhicule restitué abîmé.

En pratique, cette responsabilité se matérialise par une assurance professionnelle couvrant les véhicules confiés. C’est ce contrat, et non la bonne volonté du prestataire, qui détermine ce qui sera pris en charge. Les deux chiffres à connaître avant la mission sont donc le plafond de garantie et le montant de la franchise.

Qui paie, selon la situation

Un dommage sans tiers identifié

Jante frottée en manœuvre, bas de caisse touché, rayure sur un parking. Le dommage est survenu pendant la garde du prestataire, sa garantie véhicules confiés joue, et la franchise reste à sa charge, pas à la vôtre. Vous n’avez pas à déclarer le sinistre sur votre propre contrat, et votre coefficient n’est pas affecté.

Un accident avec un tiers responsable

Un autre usager est en tort. Le constat amiable est rempli sur place, et c’est l’assureur du tiers qui indemnise. Le rôle du convoyeur est alors d’établir correctement le constat et de documenter les dégâts. Un constat mal rempli, sans croquis exploitable ou sans mention des circonstances, transforme un dossier clair en partage de responsabilité.

Un accident où le convoyeur est en tort

La garantie du prestataire intervient pour les dommages causés au véhicule qu’il conduit, et la responsabilité civile couvre les dommages causés aux tiers. Vous êtes indemnisé sur la base de la valeur du véhicule, ce qui mérite une précision : « valeur » veut dire valeur de remplacement à dire d’expert, pas prix de vente espéré. Sur un véhicule rare ou préparé, faites établir la valeur avant le départ.

Vol, incendie, bris de glace

Ces garanties doivent être nommées dans le contrat du prestataire. Une assurance « tous risques » les comprend normalement, mais le vol d’un véhicule stationné pendant une coupure de conduite fait partie des points où les contrats diffèrent. Posez la question une fois, par écrit, et vous ne la reposerez plus.

Une panne mécanique en route

Une panne n’est pas un dommage. Sauf faute du conducteur, une casse mécanique sur un véhicule qui roulait déjà avec un défaut reste à votre charge, et c’est logique. Ce qui change, c’est l’organisation : dépannage, immobilisation, et acheminement à reprendre. C’est un point à cadrer au contrat, parce qu’il arrive sur les véhicules d’occasion à fort kilométrage.

Amendes et infractions

Les contraventions commises pendant le convoyage sont imputables au conducteur. Comme l’avis de contravention arrive au titulaire de la carte grise, vous le recevrez avant de pouvoir le transmettre. Le prestataire doit vous fournir sans discuter l’identité du conducteur et la mission correspondante pour permettre la désignation.

Ce qui décide réellement du dossier

Dans les faits, la quasi-totalité des litiges ne se joue pas sur le droit mais sur la preuve. Si le dommage figure sur l’état des lieux de départ, il est antérieur à la mission. S’il n’y figure pas et apparaît à l’arrivée, il est survenu pendant la garde du prestataire. Tout le reste est de la discussion.

C’est pour cela qu’un état des lieux photo au départ et à l’arrivée n’est pas une formalité administrative mais le cœur du dispositif. Les prises de vue à ne pas manquer sont listées dans la checklist anti-litiges, et les deux points qui concentrent les contestations sont toujours les mêmes : les jantes et le pare-brise.

Les réflexes au moment du constat

  • Faire inscrire le dommage au PV d’arrivée, en présence du chauffeur. Un dommage signalé le lendemain par courriel perd l’essentiel de sa force probante.
  • Photographier immédiatement, vue large et vue rapprochée, avant que le véhicule ne bouge.
  • Ne pas signer un constat d’arrivée « sans réserve » avant d’avoir fait le tour. La signature vaut acceptation de l’état du véhicule.
  • Déclarer vite. Les contrats prévoient un délai de déclaration, souvent de cinq jours ouvrés. Passé ce délai, l’assureur peut opposer la tardiveté.
  • Conserver le véhicule en l’état jusqu’à l’expertise si le montant justifie un passage d’expert. Un véhicule déjà réparé est un véhicule difficile à expertiser.

Les trois questions à poser avant de choisir un prestataire

Elles tiennent en une minute et elles éliminent l’essentiel des mauvaises surprises.

  1. Quel est le plafond de la garantie véhicules confiés, et quelle est la franchise ? Une réponse vague sur ce point est en soi une réponse.
  2. Un état des lieux photo est-il réalisé au départ et à l’arrivée, et me sont-ils remis ?
  3. Les chauffeurs sont-ils salariés ou indépendants, et dans le second cas, qui porte la garantie pendant la mission ?

Demandez l’attestation d’assurance une fois. Un prestataire sérieux l’envoie sans difficulté, parce qu’il la transmet toutes les semaines.

Le cas du véhicule non assuré au départ

Un véhicule doit être immatriculé et assuré pour circuler, y compris le temps d’un convoyage. Sur un véhicule qui sort d’un parc sans immatriculation définitive, c’est la plaque provisoire et son assurance attachée qui le permettent. Le sujet est traité dans notre guide des plaques W garage, WW et export. Un véhicule non conforme sur ce point bloque la mission sur place, et c’est préférable à l’alternative.

À retenir : le convoyeur doit vous rendre le véhicule en l’état, sa garantie véhicules confiés couvre les dommages survenus pendant sa garde, et c’est l’état des lieux de départ qui tranche. Les deux chiffres à connaître avant de signer sont le plafond et la franchise.

Nos missions comportent un état des lieux photo au départ et à l’arrivée, un suivi GPS en direct et une assurance tous risques jusqu’à 150 000 €.

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