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Convoyage en interne : ce qu’il coûte vraiment à une concession
Envoyer un salarié chercher la voiture paraît gratuit : il est déjà payé. C’est exactement ce qui rend ce coût difficile à voir, et souvent plus élevé qu’un convoyage facturé.
Publié le par l’équipe M-Delivery.

« On enverra Julien le chercher. » La phrase coûte apparemment zéro euro, puisque Julien est salarié et qu’il sera payé de toute façon. C’est précisément ce raisonnement qui rend ce coût invisible, et qui le laisse grossir sans que personne ne le mesure.
Prenons un cas concret et chiffrons-le entièrement : un véhicule à récupérer à 600 km, chez un confrère ou un vendeur professionnel.
Le coût direct, ligne par ligne
Le salarié part le matin en train, récupère le véhicule, et rentre par la route. Une journée complète, parfois un peu plus avec les aléas.
| Poste | Montant | Détail |
|---|---|---|
| Journée de salarié | 185 € | Salaire chargé d’environ 3 900 € par mois, ramené au jour travaillé |
| Train aller | 110 € | Billet pris quelques jours avant, plein tarif ou presque |
| Carburant retour | 75 € | 600 km, 7 l aux 100 km |
| Péages | 55 € | Trajet autoroutier |
| Repas | 20 € | Note de frais |
| Total direct | 445 € | Hors risque et hors activité non réalisée |
Déjà, le « zéro euro » est devenu 445 €. Et ce total ne contient encore aucun des deux postes les plus lourds.
L’activité qui ne s’est pas faite
Une journée de vendeur, de mécanicien ou de préparateur n’est pas une journée neutre. Si vous immobilisez un vendeur, vous retirez une journée de rendez-vous, de relances et de signatures. Si vous immobilisez un mécanicien, c’est une journée d’atelier non facturée, et l’atelier se vend à l’heure.
Chacun connaît le chiffre pour son établissement. Dans la plupart des concessions, une journée de production d’un salarié productif vaut plusieurs fois son coût chargé. Ajoutez-la au calcul et le convoyage interne dépasse largement tout devis de prestataire.
Le risque, le poste que personne ne provisionne
C’est là que le calcul change de nature. Un salarié qui conduit un véhicule de l’entreprise sur 600 km engage l’entreprise sur quatre plans.
Le sinistre. En cas d’accident, c’est votre contrat qui est mobilisé, votre franchise qui est due, et votre coefficient qui évolue. Un prestataire, lui, porte le sinistre sur sa propre garantie véhicules confiés, franchise comprise. La différence est détaillée dans qui paie un dommage survenu pendant un convoyage.
L’accident du travail. Un trajet professionnel de cette longueur relève de l’accident du travail en cas de problème, avec les conséquences associées pour l’entreprise.
La conformité du véhicule. Un véhicule qui sort d’un parc sans immatriculation définitive doit circuler sous plaque provisoire, assurée, avec le carnet de bord renseigné s’il s’agit d’un W garage. Improvisé un vendredi soir, ce point est le premier à être négligé, et il expose le conducteur comme l’entreprise. Les règles sont dans le guide des plaques W garage, WW et export.
L’absence de preuve d’état. Personne ne fait de constat photographique complet en allant chercher une voiture chez un confrère. Si un défaut est découvert à l’arrivée, plus rien ne permet de dire s’il existait avant le départ. Le litige se règle alors au dialogue, ce qui veut dire qu’il se règle à votre charge.
Les faux calculs classiques
« On le fait sur le temps mort »
Les temps morts arrivent quand l’activité est faible, et l’activité est faible quand il n’y a pas de véhicules à aller chercher. En pratique, les convoyages s’imposent aux moments chargés, parce qu’ils suivent les ventes.
« Deux salariés, aller-retour, ça évite le train »
Deux personnes partent en voiture, l’une ramène le véhicule acheté, l’autre ramène la voiture de service. C’est effectivement plus simple à organiser, et cela double le coût salarial tout en ajoutant les kilomètres du véhicule de service. Soit environ 700 € de coût direct pour un véhicule déplacé.
« Le stagiaire ou l’apprenti peut le faire »
Le coût salarial baisse, le risque augmente. Un jeune conducteur, moins expérimenté, sur un long trajet autoroutier avec un véhicule qui n’est pas le sien : c’est le profil de mission où le sinistre coûte le plus cher, et il arrive sur un véhicule destiné à la vente.
Quand le convoyage interne reste pertinent
Il y a des cas où il garde tout son sens, et il serait malhonnête de ne pas les citer.
- Les trajets courts, moins de 100 km, surtout en aller-retour sur la demi-journée. Le coût fixe d’une prestation ne s’amortit pas sur cette distance.
- Les mouvements internes récurrents entre deux sites du même groupe, quand un collaborateur fait déjà la navette.
- Les véhicules sensibles que vous préférez ne confier à personne, pour des raisons qui vous appartiennent.
Au-delà de 200 à 300 km, le calcul s’inverse à peu près systématiquement, parce que la journée de salarié et le trajet de retour deviennent incontournables.
Comparez sur un cas réel
Prenez votre dernier convoyage fait en interne, calculez son tarif sur la même origine et la même destination, et comparez avec les 445 € de l’exemple.
Ce que vous achetez réellement
Un prestataire ne vend pas un trajet. Il vend le fait que la journée de personne ne soit consommée, qu’un état des lieux photo documente l’état au départ et à l’arrivée, que le risque de sinistre repose sur sa garantie et non sur votre contrat, et qu’une date soit tenue sans dépendre des congés de quelqu’un.
Comparez le devis à 445 €, pas à zéro. C’est la seule comparaison qui a un sens. Et si le véhicule ne doit pas prendre de kilomètres, la question n’est plus interne contre externe mais route contre camion : convoyage ou camion porte-voitures.
Si la question se pose sur un flux régulier plutôt que sur un trajet isolé, notre page dédiée aux concessionnaires détaille la façon dont nous prenons en charge transferts inter-sites, livraisons clients et rapatriements après-vente.
Un convoyage de 600 km fait en interne coûte au minimum 445 € de frais directs, auxquels s’ajoutent la journée d’activité perdue et un risque qui reste sur vos contrats. Le chiffre à retenir n’est jamais zéro.
Nous travaillons avec des concessions, des loueurs et des gestionnaires de flotte sur des grilles tarifaires dédiées aux flux réguliers.
